Une fin du Guatemala explosive

Nous quittons le lac Atitlan pour nous rendre à Antigua, ville classée au Patrimoine mondial de l’Unesco. Les rues sont pavées, les bâtiments du centre ville sont très bas et très colorés, les enseignes de malbouffe doivent même se cacher pour se faire très discret. Les nombreux séismes qui ont frappé la ville, et dont beaucoup de monuments en gardent la trace, ce qui confère à cette ville une ambiance très calme et respectueuse. En toile de fond, on voit le volcan Agua, mais aussi de nuit, on aperçoit depuis notre dodo les éruptions régulières du volcan « El Fuego ». Tout de suite, nous apprécions donc cette jolie ville où nous y recroiserons par hasard plein d’autres voyageurs que nous avions connus tant au Mexique qu’au nord du Guatemala.

En discutant autour de nous, nous nous décidons également à partir à l’ascension du volcan Acatenango. Cette marche est réputée difficile et nous choisissons du coup bien l’agence avec qui nous allons partir, afin d’être sûr que nous puissions le faire dans les meilleures conditions avec les enfants. Nous passons donc une journée à préparer nos affaires, à ressortir nos affaires d’hiver cachées au fin fond de Rhino car nous allons passer une nuit sous tente à 3’600 mètres. Et ensuite, c’est partiiiiiiiii. Après un petit déjeuner dans la famille du propriétaire, notre groupe de 15 personnes, accompagné de 4 guides, est prêt pour gravir ce volcan. Nous attaquons dès le début de fortes montées, et durant les prochaines 3 heures et demi nous n’aurons quasiment aucun répit (plus de 1’600m de dénivelé pour 7 kms à parcourir). Avec les pauses, nous mettrons donc 4 heures 30 pour arriver à notre camp de base. Vu le matériel technique à emporter pour être au chaud la nuit, les enfants portaient aussi chacun un sac à dos avec leurs affaires pour la nuit. Durant toute l’ascension, ils ont été admirables et encouragés par toutes les personnes que nous croisions. Il faut en effet être en sacrée forme pour faire cette randonnée qui est l’une des plus difficile d’Amérique Centrale, et peu d’enfants s’y aventurent. Mais nous connaissions bien Ethan & Anaïs et nous savions qu’ils étaient capables de le faire vu les marches que nous faisions en Suisse. De plus, nous avions échangé avec le propriétaire de l’agence qui nous avait assuré que c’était faisable avec des enfants. Dès la moitié du parcours, Anaïs a pris la main d’un guide, main qu’elle n’a plus quittée, marchant fièrement en tête de groupe. Vu que nous marchions au milieu du groupe avec Ethan, nous n’avons donc revu de près Anaïs qu’arrivés en haut, posant fièrement à côté de « son » guide ! Quant à Ethan, il a super bien marché avec nous, et un guide lui a porté son sac seulement durant le dernier quart d’heure de la plus grande montée. Tout le monde a été admiratif de leurs capacités à grimper, nous les premiers ! Des vrais champions dont nous sommes sacrément fiers !

Arrivés au camp, nous avons pris possession de notre tente, et nous avons eu la bonne surprise d’avoir une tente pour nous quatre. Ethan et Anaïs étaient super excités car c’était la première fois qu’ils passaient une nuit sous tente. Au fur et à mesure que l’après-midi avance, nous rajoutons des couches car il fait vite froid. Nous prenons avec plaisir un chocolat chaud, en attendant que la nuit tombe et dévoile le spectacle pour lequel nous sommes tous venus : voir le volcan El Fuego rentrer en éruption de manière très régulière (~toutes les 15-20 minutes) et qui est juste en face de nous. Et dès la nuit tombée, le spectacle est majestueux. Le ciel est bien dégagé, et nous aurons la chance de pouvoir observer notre deuxième volcan en éruption après celui d’Islande. Nous passons donc une bonne partie de la nuit autour du feu, à contempler ce spectacle majestueux. Nous sommes un bon groupe de francophones et nous passerons donc une soirée incroyable entre bavardages et contemplation du volcan à chaque fois qu’il entrera en éruption. Autant vous dire que nous avons passé une soirée qui sera une des plus mémorables du Guatemala et qu’Ethan et Anaïs ne sont pas près d’oublier leur première nuit sous tente (un énorme merci à Séverine, Nicolas et Aubane pour ce cadeau fabuleux fait aux loulous!). La nuit aura par contre été très très froide, avoisinant les 0 degrés mais peu importe, le spectacle était si impressionnant que personne ne s’est plaint d’avoir eu un peu froid. Le lendemain, la longue descente aura été un peu scabreuse car le sol était très glissant, vu qu’il s’agissait principalement de sable volcanique. Nous tomberons tous quelques fois mais peu importe, cela en valait largement la peine. Les paysages étaient magnifiques et nous ont fait oublier nos courbatures et la longueur de la descente.

De retour à Antigua, nous profitons d’une journée de repos bien méritée à flâner gentiment au camping, à ranger nos affaires, à jouer avec les petits copains et à écrire des articles. Comme récompense à l’ascension, nous nous offrons le soir d’après une succulente raclette ! Et oui, nous allons souper dans le restaurant d’un lausannois établi depuis une dizaine d’années à Antigua et nous nous régalerons de raclette (aussi bonne que chez nous !), de röstis, de meringues et même d’un petit digestif Morand. L’ascension valait bien cette belle récompense gustative !

Après toutes ces émotions, nous avons fait route vers El Paradón, capitale guatémaltèque du surf. Nous passons donc en très peu de temps du sommet d’un volcan au niveau de la mer. C’est un peu déroutant mais c’est aussi ça l’Amérique Centrale. Malgré les courbatures, nous nous donnons à cœur joie dans ces vagues parfaites pour notre niveau. Nous retrouvons avec plaisir ces sensations de glisse et nous nous amusons comme des fous dans ces vagues, qui marqueront notre dernière étape du Guatemala. Nous finirons donc en apothéose notre mois au Guatemala, avec de merveilleux souvenirs qui resteront bien longtemps dans nos têtes.

Dans quelques jours, nous allons en effet continuer notre descente vers le sud, en direction de l’Honduras. Nous avions le choix de passer soit par le Salvador (l’un des pays les plus pauvres au monde) et un bout de l’Honduras, ou de passer uniquement par l’Honduras (l’un des pays ayant un des plus fort taux d’homicides au monde). Dans les deux cas, ce tronçon ne nous enchante guère, nous stresse un peu mais nous n’avons pas d’autre alternative que de le parcourir. Mais pourquoi donc passer uniquement par l’Honduras? Premièrement, parce qu’à la frontière nord entre le Guatemala et l’Honduras se trouve un magnifique temple maya : Copán. Ces ruines sont très touristiques, et donc très sécurisées, et nous pensons dès lors que le passage de frontière à cet endroit sera peut-être plus facile que plus au sud. Cela nous permettra également de faire une visite et de nous reposer quelque peu après le passage de frontière. Car après Copán, nous prévoyons de traverser au plus vite tout l’Honduras, et un peu de repos avant deux à trois grosses journées de route nous fera le plus grand bien. Ensuite, cet itinéraire nous évite de passer par le Salvador et donc, nous enlève une frontière de plus à traverser. Car il ne faut pas se le cacher, chaque passage de frontière génère toujours un sacré stress (spécialement en pays corrompu) et si l’on peut s’en éviter une, ce sera donc avec grand plaisir. Un autre critère pour le choix de l’Honduras a été que nous avons un contact d’une personne au Honduras qui pourrait nous aider en cas de problème, ce que nous n’avons pas pour le Salvador. Et finalement, le Nicaragua demande des tests PCR, et nous avons une super adresse au Honduras d’un camping qui l’organise sur place, sans devoir nous rendre dans une ville. Donc voilà, pour toutes ces raisons, plus les retours positifs de la traversée de l’Honduras faites par d’autres voyageurs récemment, nous ont poussé à prendre cet itinéraire plutôt que de passer par le Salvador. Vous comprendrez que nous serons pendant quelques jours un peu tendu et que nous serons bien heureux une fois arrivés au Nicaragua… Alors voilà, pensez fort à nous ces prochains jours, croisez les doigts pour nous et on vous retrouve dans quelques jours au Nicaragua, avec notre prochain récit sur notre traversée de l’Honduras.

2 commentaires sur « Une fin du Guatemala explosive »

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